Comment vous faire publier par un éditeur ?
- marylineway83
- 27 janv. 2025
- 4 min de lecture
Vous faire publier, cela semble a priori très simple : il suffit d’envoyer votre manuscrit à une maison d’édition, que le comité de lecture sélectionne votre texte puis que l’éditeur l’aime lui aussi, et hop ! Le tour est joué. Voilà votre ouvrage publié, sur table dans toutes les librairies. Mais, dans les faits, c’est bien loin d’être aussi facile…
La sélection des manuscrits par le comité de lecture
Toute maison d’édition a ce que l’on appelle son « comité de lecture », qu’il s’agisse d’une équipe de vingt employés (ou bénévoles) ou d’une seule personne (l’éditeur lui-même, dans le cadre d’une petite structure). Le comité de lecture est surtout une étape dans la chaîne du livre (plus que la désignation d’une entité physique) : c’est la phase de lecture et de sélection des manuscrits qui sont envoyés à une maison par les auteurs. On ne s’en rend pas forcément compte, évidemment, mais les maisons d’édition reçoivent beaucoup, énormément de manuscrits (à la folie). Même une petite structure (et je sais de quoi je parle) peut recevoir dix ou quinze manuscrits par jour. Alors imaginez les maisons de grande renommée. Il est donc extrêmement difficile d’être véritablement lu, et surtout de retenir l’attention. Ne soyez pas frustré(e) outre mesure si vous n’obtenez aucune réponse (je sais, c’est facile à dire) ; c’est tout simplement parce que les éditeurs sont débordés, et ils le sont vraiment. C’est pourquoi il est essentiel de faire preuve de patience, certes, mais il faut surtout proposer un manuscrit abouti, susceptible de retenir l’attention d’un lecteur de la maison, qui aura envie de défendre votre texte, même seul contre tous (c’est vous dire si votre manuscrit doit être particulièrement remarquable).
Le regard de l’auteur sur son propre manuscrit
Je suis convaincue de cela : nous ne pouvons pas, sans le regard de l’autre, juger de la qualité de notre propre texte. La tête dans le guidon pour franchir la ligne d’arrivée, nous ne nous concentrons que sur le bitume qui file sous notre roue, en faisant abstraction de tout ce qui se passe autour et qui fait, après tout, la beauté de la chose : le vent, la chaleur, la fraîcheur, les effluves, les couleurs, les sons, la lumière, les paysages, bref, tout ce qui donne sens à ce que nous sommes en train de faire et de vivre. Il est nécessaire de s’arrêter et de faire un pas de côté pour sentir tout cela sereinement. Sans être essoufflé, épuisé, exsangue, las. L’autre est notre relais pour mieux voir, pour mieux comprendre ce que l’on a exprimé sur la route, pour mieux embrasser le décor. L’autre ne peut pas être un proche, celui qui donne toujours des tapes sur l’épaule pour rassurer. L’autre doit être neutre et doit être un bon lecteur. L’éditeur en est un, tout comme le lecteur de comité de lecture, le relecteur-correcteur professionnel, le libraire, etc. Ou encore, bien sûr, le conseiller littéraire.
L’acceptation de votre manuscrit par un éditeur
Si votre manuscrit est retenu dans les filets du comité de lecture, il atterrit sur le bureau de l’éditeur/l’éditrice, parmi d’autres, encore. Là encore, il faudra que votre texte joue des coudes. Car l’éditeur doit composer avec de nombreux impératifs : la qualité littéraire de votre ouvrage, le temps qu’il a à sa disposition pour travailler (ou pas) avec vous et le calendrier des parutions, l’attente de son public, les thématiques du moment, et surtout son budget et les moyens de diffusion, de promotion et de distribution qu’il peut mettre en œuvre. Un éditeur n’est pas un commercial comme un autre, mais il n’échappe pas aux lois économiques, c’est ainsi. Publier un livre, c’est faire un pari, et on espère toujours que ce soit un pari gagnant. Et parfois (ou souvent), on perd, c’est le jeu. Mais quand on gagne, c’est une belle victoire. Une toute petite reconnaissance, un frémissement d’enthousiasme chez les lecteurs et c’est déjà merveilleux. Le monde de l’édition ne doit jamais rompre avec son humilité.
Si un éditeur décide de faire de votre manuscrit un livre, c’est qu’il croit en votre texte. Pour diverses raisons qui lui sont propres, mais il y croit. Je parle ici des maisons d’édition « traditionnelles » à compte d’éditeur, bien entendu. Si elles engagent des frais importants pour votre ouvrage, c’est qu’elles estiment qu’il en vaut la peine.
La publication de votre livre
Si vous parvenez à ce stade, c’est formidable. Mais rien n’est gagné pour autant. Il faut ensuite que le livre soit référencé, propulsé, diffusé, distribué… Il y a tout un système économique autour du livre qu’il ne faut pas négliger, car ça reste le nerf de la guerre. J’en parlerai dans un autre article.
Comment pouvez-vous parvenir à vous faire éditer, donc ?
Soignez votre texte, adressez-vous aux maisons d’édition qui vous correspondent (prenez garde à leur ligne éditoriale, lisez ce qu’elles produisent pour sentir si vous êtes dans la même veine), soignez votre texte, rédigez une bonne note d’intention, soignez votre texte, soignez votre texte, soignez votre texte. Il faut que ça sonne juste, que ça sonne vrai, et que l’on ait envie de vivre une rencontre avec votre ouvrage, puis que l’on prenne plaisir à cette rencontre. Comme dans la vie.


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